A Knight of the Seven Kingdoms – The Morrow : un final intime qui redéfinit Dunk et Egg

A Knight of the Seven Kingdoms – The Morrow : un final intime qui redéfinit Dunk et Egg

J’ai regardé “The Morrow”, le final de la saison 1 d’A Knight of the Seven Kingdoms (rebaptisée chez nous Un Chevalier des Neuf Couronnes), tard le soir, en pensant que ça serait juste un petit épilogue après le carnage d’Ashford. En réalité, je me suis pris une claque beaucoup plus silencieuse que prévue : pas un feu d’artifice, mais une heure de télé où un grand benêt couvert de bleus se demande s’il mérite d’être en vie, pendant qu’un prince Targaryen apprend enfin à être un père. Attention, spoilers complets sur l’épisode.

C’est un final très modeste en apparence, presque anti-spectaculaire, mais qui m’a laissé avec ce sourire un peu triste qu’on a quand on ferme un bon livre. Dunk n’y gagne ni château ni blason clinquant : il gagne la liberté de choisir quel genre de chevalier il veut être, et surtout quel genre de mentor il va devenir pour Egg.

Ce que “The Morrow” réussit particulièrement bien

  • Un Dunk brisé physiquement et moralement, qui traverse enfin sa culpabilité de survivant au lieu de la fuir.
  • Un Prince Maekar humanisé comme jamais, entre fierté Targaryen et peur viscérale de perdre son dernier fils.
  • Un choix fort : Dunk refuse la sécurité de la cour pour redevenir chevalier errant avec Egg, mais à ses conditions.
  • Un humour discret (Ser Lyonel, Raymun Fossoway, la scène post-générique) qui empêche l’épisode d’être étouffant.
  • Une dernière image simple et bouleversante : Ser Arlan qui s’éloigne, et Dunk qui devient enfin son propre chevalier.

Dunk, l’homme qui a survécu à un prince

Les premières minutes m’ont mis une claque assez sèche. Dunk est méconnaissable : gonflé de bleus, à moitié cassé de partout, coincé dans un lit qui a l’air trop petit pour lui. On sent presque la douleur dans chaque mouvement, et surtout ce truc qu’il porte encore plus lourd que ses blessures : la culpabilité d’avoir survécu à Baelor.

Au bout de dix minutes, j’avais l’impression de revoir le gamin des bas-fonds de Port-Réal plutôt que le grand gaillard qui faisait le malin sur la lice. Quand il murmure en gros “Pourquoi les dieux m’ont gardé moi et pas un prince ?”, on entend tout son complexe de roturier remonter à la surface. Toute la saison, la série nous a répété que les chevaliers et les grands seigneurs étaient pleins de fumisterie ; là, on voit à quel point Dunk a quand même intégré leur hiérarchie foireuse.

La scène avec Ser Lyonel Baratheon m’a clairement recadré, autant que Dunk. Alors que je m’attendais à un sermon bien lourd sur l’honneur, Lyonel lui balance, très lucide, que Baelor était censé être le plus en sécurité de tous, et que ce sont eux, les autres chevaliers, qui ont réellement pris les risques. Et ce petit ajout, glissé presque en passant, “Les dieux ne favorisent pas les imposteurs”, remet Dunk à sa place : s’il est encore là, ce n’est peut-être pas un accident cosmique, c’est qu’il a fait ce qu’il fallait au moment où ça comptait.

À partir de là, j’ai commencé à regarder Dunk différemment. Moins comme “le grand couillon sympa” et plus comme un type qui a passé toute sa vie à se dire qu’il ne valait pas grand-chose, et qui doit accepter que ce n’est plus vrai. Le final ne lui donne pas un instant de gloire tapageur ; il lui donne quelque chose de plus dur à avaler : la responsabilité de rester en vie et de vivre avec ses choix.

Maekar, enfin un Targaryen qui ressemble à un père

J’avoue, jusqu’ici Maekar, pour moi, c’était surtout la version low-cost d’un Tywin Targaryen : raide, glacial, obsédé par l’honneur de sa maison. “The Morrow” le fait enfin exploser en personnage à part entière. Et ça se fait en douceur, sans grands discours, à travers quelques scènes qui m’ont vraiment pris à la gorge.

Le moment qui m’a le plus marqué, c’est celui où Maekar trouve Egg au chevet d’Aerion. Egg, qui a le crâne rasé depuis l’épisode précédent, commence à voir repousser ses cheveux blancs, ce rappel génétique de la famille qui l’a traumatisé. Il tient un couteau dans la main, prêt à se raser à nouveau plutôt que de ressembler à son frère tortionnaire. Franchement, en bon vétéran de Westeros, je me préparais mentalement à une explosion de rage de Maekar, du genre “Comment oses-tu menacer le prince Aerion ?”

Et la série fait exactement l’inverse. Maekar ne crie pas, ne punit pas. Il comprend. Il pose doucement ses mains sur les épaules d’Egg, sans un mot, comme pour lui dire “Je sais qui est ton frère. Et je vois ce que tu essaies de ne pas devenir.” Tout est dans le regard de Sam Spruell, épuisé mais lucide. En quelques secondes, le prince dur et cassant devient un père qui a peur pour la seule chose qui lui reste.

Quand, plus tard, Maekar explique à Dunk qu’Egg est son dernier fils et qu’il ne peut pas supporter l’idée de le perdre, j’avais déjà la réponse en tête depuis cette scène silencieuse. C’est ce genre de petites touches qui m’ont fait oublier l’étiquette “préquelle de Game of Thrones” pour juste me concentrer sur cette famille complètement dysfonctionnelle mais terriblement humaine.

Egg, la peur de devenir Aerion et la naissance d’un duo

Egg a été un peu le moteur caché de toute cette saison, mais dans ce final, il devient carrément le cœur émotionnel de l’épisode. Il veut être l’écuyer de Dunk, point. Qu’on lui propose la sécurité d’une cour ou l’encadrement d’un prince, il s’en fiche : c’est Dunk qu’il a choisi comme modèle, avec tout ce que ça implique de boue, de faim et de lits trop courts.

Quand Dunk refuse l’offre de Maekar de prêter serment au prince et de garder Egg officiellement à ses côtés, j’ai ressenti la même gifle que le gamin. Egg le regarde avec une déception froide, du style “Je croyais que tu étais un chevalier différent”. Ça pique, et ça pique parce que, quelque part, Egg a raison : Dunk fuit autant qu’il protège, incapable d’affronter ce que la proximité avec les Targaryen lui rappelle d’Aerion et de Baelor.

Le déclic, pour lui comme pour nous, vient d’une conversation que je n’attendais pas spécialement : celle avec le frère alcoolique, Daeron. Quand ce dernier raconte qu’Aerion était, enfant, un “bon petit”, avant que l’éducation, la cour, le sentiment de supériorité ne le transforment en monstre, ça sonne comme une alerte rouge dans la tête de Dunk. Après une dizaine d’épisodes passés à subir les conséquences des grands seigneurs, il réalise qu’il a peut-être une chance de casser la chaîne en amont.

À ce moment-là, j’ai senti l’épisode basculer : la question n’est plus “Dunk mérite-t-il d’être en vie ?”, mais “Qu’est-ce qu’il va faire de sa chance ?”. Décider de prendre Egg avec lui, non pas comme un objet royal en porcelaine mais comme un vrai écuyer de chevalier errant, c’est sa façon à lui de dire “Je ne sauverai pas Westeros, mais je peux essayer de sauver un gamin.” Et honnêtement, c’est mille fois plus fort pour moi qu’un discours martelé sur le destin et les prophéties.

Humour, Raymun Fossoway et la scène post-générique qui détend l’atmosphère

Après deux épisodes franchement plombants, j’avais un peu peur que le final s’enfonce définitivement dans la noirceur. Heureusement, “The Morrow” a la bonne idée de réinjecter un peu de légèreté sans trahir ce qui vient de se passer à Ashford.

Ser Lyonel Baratheon, déjà, continue d’être ce mélange improbable de brute au grand cœur et de type plus lucide que la moyenne. Son franc-parler avec Dunk apporte plusieurs respirations bienvenues. Mais c’est surtout le retour de Raymun Fossoway et de sa nouvelle épouse, Red, qui m’a vraiment fait sourire. Leur dynamique de “piège au miel” assumé, avec ce chevalier qui a troqué la gloire martiale contre une femme dangereusement futée, rappelle que Westeros ce n’est pas seulement la tragédie, c’est aussi le ridicule et le désir.

Et puis il y a cette petite cerise sur le gâteau : la scène post-générique (ou en tout cas calée pendant le générique de fin) où l’on découvre qu’Egg a purement et simplement menti à Dunk. Non, Maekar ne lui a pas “donné sa bénédiction”. Egg s’est juste enfui pour rester avec lui. J’ai éclaté de rire, parce que ça résume parfaitement leur relation : un grand naïf qui se croit maître de sa destinée, et un gamin beaucoup plus malin qu’il en a l’air qui tire discrètement les ficelles.

Ce ton un peu plus léger, surtout vers la fin, évite que le départ sur la route soit vécu comme une fuite dépressive. Au contraire, on sent que malgré la douleur et la culpabilité, ce qui s’ouvre là a quelque chose d’excitant : deux marginaux qui vont arpenter des “Neuf Royaumes” suffisamment vastes pour les perdre et, peut-être, les réparer un tout petit peu.

Un final qui choisit la route plutôt que le trône

Le moment où j’ai compris que j’adorais cet épisode, c’est quand Dunk dit clairement non à Maekar. Pas un “non” dramatique avec de grands effets de manche ; un refus un peu maladroit, un peu bourru, mais sincère. Il refuse de devenir l’instrument d’un prince, il refuse que son lien avec Egg soit transformé en arrangement politique. Il veut bien prendre Egg, mais uniquement s’il peut l’élever comme lui a été élevé : sur les chemins, dans la poussière, avec des repas froids et des lices de foire.

Pour un univers qui nous a habitués à ce que tout finisse par tourner autour des trônes, des titres et des lignées, voir un personnage principal choisir consciemment l’errance plutôt que la stabilité, ça fait du bien. Le dernier plan, avec la silhouette spectrale de Ser Arlan qui s’éloigne pendant que Dunk et Egg avancent, m’a vraiment touché. J’ai repensé à la toute première scène de la série, à ce vieux chevalier râleur et à ce gamin des rues qui essayait de garder le pas : la boucle est bouclée, et en même temps elle s’ouvre sur autre chose.

La petite discussion sur les “Neuf Royaumes”, clin d’œil aux débats de fans sur la carte politique de Westeros, fonctionne comme une sorte de manifeste. La série ne va pas remonter vers le Trône de Fer ; elle va s’enfoncer vers les marges, vers Dorne, les Îles de Fer, les terres de la Couronne… Le monde ne sera jamais observé d’en haut, comme nous y avait habitués Game of Thrones, mais à hauteur de cheval, avec la poussière dans les yeux et les bottes trouées.

Mise en scène, rythme et promesses pour la saison 2

Sur le plan purement technique, “The Morrow” est un épisode beaucoup plus retenu que le précédent. On est surtout dans des intérieurs, des tentes sombres, des chambres de soins, avec une caméra qui s’attarde sur les visages plutôt que sur des plans larges de champs de bataille. Sur ma TV, j’ai vraiment apprécié la manière dont la lumière filtre à travers les toiles, comme si tout Westeros vivait la gueule de bois de la veille.

Le rythme pourra sans doute frustrer celles et ceux qui espéraient un dernier grand choc spectaculaire. Il y a beaucoup de dialogues, beaucoup de moments suspendus où les personnages hésitent, se taisent, se regardent. Perso, après les révélations et le carnage de l’épisode 5, j’avais besoin de ce temps de digestion. Le montage laisse les silences exister, ce qui permet aux scènes comme celle d’Egg au chevet d’Aerion ou à Dunk face à Maekar de vraiment respirer.

On sent également que l’épisode prépare déjà la saison 2 sans en faire trop. Entre les allusions à d’autres régions, cette volonté affichée de garder la caméra collée au point de vue de Dunk, et le duo désormais formé et assumé Dunk/Egg, tout crie “série de voyage”. Si l’on se fie aux déclarations autour de la série, la suite devrait adapter la deuxième nouvelle de George R.R. Martin et nous emmener notamment vers Dorne, probablement en 2027 si le planning tient la route. Ce final pose une base solide pour ça : la route est là, les chevaux sont sellés, et la dynamique mentor/élève est clairement définie.

Je n’ai pas relevé de gros soucis de production sur l’épisode : les blessures de Dunk sont crédibles, le décor d’Ashford post-tournoi fait bien “lendemain sale” plutôt que champ de bataille proprement rangé. La musique, plus discrète qu’à l’accoutumée, reprend par moments les thèmes entendus au début de saison, mais ralentis, comme si eux aussi boitaient un peu. C’est cohérent avec l’état des personnages.

Ce qui m’a un peu moins convaincu

Tout n’est pas parfait pour autant. J’ai eu une petite frustration : certains chevaliers du septenaire réunis pour défendre Dunk à Ashford disparaissent quasiment de la narration une fois l’épisode lancé. On revoit bien Raymun et Lyonel, mais d’autres sont à peine mentionnés, comme si la série n’avait plus vraiment de place pour conclure leurs trajectoires. Ce n’est pas dramatique, mais après avoir passé un épisode entier à construire cette équipe improbable, j’aurais aimé un ou deux au revoir un peu plus marqués.

De la même façon, le passage où Egg reproche à Dunk de ne pas être le chevalier qu’il croyait arrive vite, presque trop vite. J’aurais aimé que la série laisse un peu plus de temps à ce fossé entre eux pour s’installer, quitte à les séparer physiquement pendant une partie de l’épisode. Là, on a un conflit, puis assez vite la “solution” via la conversation avec Daeron et la nouvelle proposition faite à Maekar. Ça reste touchant, mais ça aurait pu être déchirant.

Enfin, si vous faites partie de celles et ceux qui regardent tout ce qui porte le nom de Westeros en espérant dragons, grandes batailles et coups d’État, ce final risque de vous laisser un peu sur votre faim. Il assume complètement son côté intime et bavard. Personnellement, c’est justement ce que j’ai aimé, mais je comprends que ce ne soit pas le dessert attendu pour tout le monde.

Pour qui est ce final – et cette série – au fond ?

En tant que vieux routard de Westeros (lecteur d’A Song of Ice and Fire et survivant du fiasco de la fin de Game of Thrones), je suis entré dans A Knight of the Seven Kingdoms avec méfiance. Après ce final, je suis assez serein sur une chose : la série sait ce qu’elle veut être. Elle ne cherche pas à rejouer la course au trône, elle ne multiplie pas les complots parallèles ; elle s’accroche à un seul point de vue, celui de Dunk, et laisse le reste du monde affleurer à travers lui.

Si vous aimez les personnages cabossés, les histoires de culpabilité et de seconde chance, et les liens mentor/élève compliqués, “The Morrow” est un excellent morceau de télévision. Si, au contraire, vous voulez un Westeros à 200 km/h, rempli de twists politiques à chaque scène, vous risquez de trouver ce final trop calme. On est plus proche d’un road-movie médiéval intimiste que d’une épopée guerrière.

Moi, ce que je retiens surtout, c’est que je me suis sincèrement attaché à Dunk et Egg. Quand l’épisode se termine, je n’ai pas eu la sensation de finir une saison ; j’ai eu l’impression d’assister au vrai début de leur histoire. Et ça, pour une série qui joue avec un univers déjà surexploité, c’est un petit exploit.

Verdict : un final modeste, mais terriblement humain (9/10)

“The Morrow” ne cherche jamais à en mettre plein la vue. Pas de dragon qui surgit, pas de trahison choc pour faire hurler Twitter. À la place, on a un chevalier errant qui accepte de vivre avec sa culpabilité, un prince Targaryen qui se rappelle qu’il est un père avant d’être un symbole, et un gamin qui choisit le froid des chemins plutôt que la chaleur trompeuse des châteaux.

Ce final clôt proprement l’arc d’Ashford tout en posant les bases très claires de ce que sera la suite : un duo de voyageurs, Dunk et Egg, arpentant les Neuf Royaumes, avec un regard résolument tourné vers le bas plutôt que vers les trônes. Quelques angles auraient pu être plus poussés, certains seconds rôles sont un peu laissés en plan, mais l’émotion est là, honnête, jamais forcée.

Note : 9/10. Pas le final le plus spectaculaire qu’ait connu Westeros, mais certainement l’un des plus sincères et des plus touchants. Et, franchement, voir un héros choisir volontairement la route plutôt que le pouvoir, dans cet univers, ça fait un bien fou.

TL;DR – Pourquoi “The Morrow” vaut le coup

  • Épisode très centré sur les personnages : Dunk affronte sa culpabilité de survivant et réévalue sa propre valeur.
  • Maekar est enfin montré comme un père vulnérable, pas juste comme un Targaryen froid obsédé par l’honneur.
  • Egg choisit Dunk comme mentor, quitte à mentir à son père, et pose les bases du duo chevalier/écuyer itinérant.
  • L’humour discret (Lyonel, Raymun, la scène post-générique) allège un final profondément dramatique sans le ridiculiser.
  • Pas de grand spectacle, mais une conclusion intime et pleine d’espoir qui donne très envie de suivre la saison 2 sur les routes des Neuf Royaumes.
D
Damien
Publié le 23/02/2026
15 min de lecture
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