
Au lancement du 12 mai 2026, Directive 8020 n’a pas traité le co-op local comme une simple case à cocher. Sur mes premières sessions canapé, la vraie décision n’était pas seulement de jouer à plusieurs, mais de choisir le bon rythme de soirée. Ce jeu d’horreur narratif fonctionne très différemment selon que vous passez une manette entre amis ou que vous répartissiez les personnages entre plusieurs joueurs. Et comme certaines scènes reposent sur des choix tendus, de la survie en temps réel et des séquences plus nerveuses, ce choix de mode change vraiment l’expérience.
Le point à connaître tout de suite : au lancement, le multijoueur concerne le local. Si votre groupe comptait sur une session à distance, ce n’est pas l’option disponible pour l’instant, même si une mise à jour en ligne est annoncée pour plus tard. Pour une partie dans le salon, en revanche, vous avez bien deux approches distinctes : Round Robin et Custom Directive. Voici comment je les différencie en pratique, et surtout lequel choisir selon votre groupe.
Le système local de Directive 8020 repose sur deux philosophies. Round Robin est le mode “soirée cinéma interactive” : le contrôle tourne entre les joueurs à mesure que le personnage actif change dans l’histoire. Jusqu’à cinq joueurs peuvent participer, mais un seul pad circule et le temps d’attente augmente forcément quand le groupe s’agrandit.
Custom Directive, lui, est beaucoup plus souple : les joueurs se répartissent les six personnages jouables au lieu d’attendre chacun leur tour. La répartition peut être parfaitement équilibrée ou complètement asymétrique. En duo, par exemple, une personne peut gérer cinq personnages et l’autre un seul. Le minimum est de deux joueurs, puisque chacun doit contrôler au moins un personnage. Dans les deux modes, la difficulté peut être réglée indépendamment pour chaque participant, et c’est probablement l’outil le plus sous-estimé du lot si votre groupe mélange habitués du genre et joueurs plus occasionnels.
En pratique, Round Robin marche très bien quand votre groupe veut commenter l’histoire, débattre des décisions et vivre la tension ensemble sans que tout le monde ait besoin d’être constamment aux commandes. Le relais se fait quand le personnage actif change. Autrement dit, vous ne “possédez” pas un héros du début à la fin : vous prenez la main quand le jeu vous la donne, puis vous la passez.
C’est important parce que beaucoup de groupes s’imaginent un partage fixe des rôles, alors que ce mode est pensé pour le passage de témoin. Sur une session à trois, j’ai trouvé le rythme très naturel : assez de temps pour discuter, pas trop de temps mort. À quatre ou cinq, le mode reste amusant, mais il faut accepter que certains passages créent de longues fenêtres d’observation. Si votre salon adore réagir à chaque dialogue, c’est un avantage. Si vous avez un joueur qui décroche dès qu’il ne touche plus la manette pendant dix minutes, ça devient la mauvaise formule.

L’autre force de Round Robin, c’est qu’il baisse la barrière d’entrée. Pour un premier run avec des amis peu familiers des jeux d’horreur narratifs, c’est le mode le plus simple à comprendre. Une seule personne agit à la fois, tout le monde lit la scène, puis on passe au suivant. On évite aussi une erreur fréquente du mode Custom : attribuer trop tôt un personnage clé à quelqu’un qui n’est pas encore à l’aise avec les séquences de stress.
Custom Directive change complètement la dynamique. Ici, vous attribuez les personnages jouables aux participants, et chacun garde ses rôles au fil de la partie. C’est beaucoup plus engageant quand votre groupe veut une implication continue, parce que l’identité de chaque joueur devient liée à “ses” personnages. En duo, c’est le mode que je recommande le plus souvent : il accélère la partie, réduit l’impression d’attente et donne une vraie responsabilité sur les conséquences de chaque choix.
La souplesse de la répartition est son plus gros point fort. Si un joueur adore l’aspect narratif mais panique dans les séquences de survie, vous n’êtes pas obligés de tout partager à parts égales. Vous pouvez très bien confier un seul personnage à cette personne et laisser le reste à quelqu’un de plus à l’aise. À l’inverse, si vous êtes deux joueurs expérimentés, un partage équilibré donne une sensation proche d’une campagne coop où chacun protège ses arcs narratifs.

Le réglage indépendant de difficulté par joueur prend ici tout son sens. Dans un groupe hétérogène, c’est la meilleure façon d’éviter le faux compromis où tout le monde subit un niveau mal calibré. Un vétéran peut garder un niveau plus exigeant pendant qu’un joueur occasionnel profite davantage de l’histoire sans transformer chaque séquence sous pression en mur brutal. Je conseille vraiment d’utiliser cette option dès le départ plutôt que d’attendre la frustration.
Si votre priorité est l’ambiance et la discussion, Round Robin reste très confortable à deux. En revanche, si vous aimez vous sentir responsables de personnages précis, passez directement sur Custom Directive. Dans ce cas, je préfère une répartition déséquilibrée au début plutôt’un 3/3 forcé : un joueur prend davantage de personnages, l’autre se concentre sur un rôle ou deux, puis vous réajustez sur un second run.
Mon choix irait vers Round Robin. Oui, l’attente entre les tours s’allonge, mais ce mode assume justement cette respiration. Avec autant de monde, l’intérêt vient souvent des discussions, des théories et des réactions au moment des décisions. Custom peut fonctionner, mais il exige une organisation plus stricte et crée plus facilement une hiérarchie implicite entre joueurs très actifs et joueurs qui ne contrôlent qu’un personnage sur des portions espacées.
Ici, Custom Directive prend l’avantage. Le rythme est meilleur, chacun garde son lien avec ses personnages, et la répartition des difficultés permet d’affiner l’expérience. C’est aussi le mode que je trouve le plus intéressant pour un second passage orienté embranchements : on teste plus vite des variantes et on réduit les temps de simple observation.

Deux options fonctionnent bien. Soit Round Robin pour lisser la pression et transformer la partie en expérience collective très lisible, soit Custom avec une répartition asymétrique et des difficultés ajustées individuellement. Dans mes sessions, c’est souvent le second choix qui a le mieux marché : on garde la participation active sans forcer les moins à l’aise à porter des séquences tendues trop souvent.
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Le premier piège, c’est de croire que Round Robin est un mode d’assignation de personnages. Ce n’est pas le cas : c’est un mode de rotation du contrôle. Le deuxième, c’est de lancer Custom sans discuter des décisions collectives. Comme Directive 8020 repose beaucoup sur la tension, la confiance et la survie, certaines scènes peuvent déclencher des débats très rapides. Si vous n’avez pas décidé en amont si “le propriétaire du personnage tranche” ou si “le groupe vote”, vous perdez un temps précieux au pire moment.
Autre point pratique : ne sous-estimez pas l’impact des séquences de survie en temps réel. Ce n’est pas un jeu où tout passe uniquement par des dialogues confortablement assis à débattre. Si l’un de vos joueurs n’est pas à l’aise quand la pression monte, donnez-lui moins de personnages en Custom ou choisissez Round Robin pour mieux encadrer son temps de jeu. Enfin, évitez l’erreur de casting social classique : confier toutes les scènes importantes à la personne la plus bavarde. Sur un jeu narratif, ça peut rapidement faire décrocher le reste du groupe.
Si vous organisez une vraie soirée canapé orientée réactions, théories et décisions de groupe, prenez Round Robin. Si vous jouez surtout à deux, ou si vous voulez une implication plus continue avec une répartition fine des rôles et des difficultés, partez sur Custom Directive. En bref : Round Robin pour le spectacle collectif, Custom pour la maîtrise et la flexibilité. Dans Directive 8020, ce n’est pas un détail de menu ; c’est ce qui détermine la façon dont votre groupe va vivre tout le run.