
J’avoue, quand Nintendo a annoncé Donkey Kong Bananza, j’étais partagé. D’un côté, confier un énorme projet 3D à DK et à la même équipe que Super Mario Odyssey, c’était tentant. De l’autre, je redoutais un copier/coller déguisé. Après quatre heures de jeu sur l’Île Lingot de la Switch 2, mes réserves ont pratiquement disparu : Bananza n’est pas un simple clone, c’est une prise de risque bienvenue et, franchement, rafraîchissante.
En laissant Donkey Kong prendre la tête du lancement de la Switch 2, Nintendo marque un tournant. Plutôt que de dérouler la formule Mario Odyssey à l’identique, l’éditeur nippon mise sur une approche plus brutale et inventive. L’objectif affiché ? Réinventer la plateforme 3D en offrant au joueur un terrain de jeu ultra-dynamique, où détruire n’est pas seulement un plaisir, mais un moyen d’explorer et de résoudre des énigmes. Le titre s’appuie sur un univers riche, plusieurs biomes distincts et une histoire simple mais efficace : retrouver les voleurs de Banandium aux côtés de Pauline. Cette trame narrative, classique mais attachante, sert surtout de prétexte à l’exploration.
La grande force de Bananza tient à son système de destructibilité. Chaque bloc, rocher ou élément de décor peut être brisé, déplacé ou remodelé. Pour les néophytes, la destructibilité désigne la capacité du moteur de jeu à gérer la destruction d’éléments en temps réel plutôt que d’utiliser des animations préétablies. Concrètement, Donkey Kong peut littéralement saccager le décor pour trouver des passages secrets, créer des plateformes temporaires ou carrément dévaster un mur pour dénicher des trésors.
Cette liberté d’interaction bouleverse la structure même des niveaux. Là où la plupart des jeux 3D du genre vous cantonnent à un chemin relativement balisé, Bananza vous laisse réécrire la carte à chaque coup de marteau… enfin, de poing.
Autre nouveauté de taille, les formes « Bananza ». Il s’agit de transformations temporaires que Donkey peut déclencher grâce à des orbes ramassés en jeu. Chacune apporte un pouvoir unique :
En termes techniques, ces transformations s’appuient sur un système de chargement à l’or, c’est-à-dire que chaque utilisation consomme une ressource récupérable. Sur les premières heures, l’abondance de ces orbes limite un peu la tension — vous pouvez enchaîner les Bananza sans trop vous soucier d’économiser. Reste à voir si, sur la seconde moitié du jeu, Nintendo resserrera la vis pour offrir davantage de challenge.

Bananza se démarque aussi par son architecture en zones semi-ouvertes. Plutôt qu’un monde totalement libre ou un couloir strict, chaque biome se présente sous la forme d’un hub central relié à plusieurs sous-aires à explorer. Ce principe, parfois appelé hub-and-spoke dans le jargon, offre un dosage équilibré entre liberté et guidage. Voici quelques caractéristiques :
Le level design sait doser la courbe de progression. Les premiers pas dans un monde servent de tutoriel implicite, tandis que la découverte de sa verticalité et de ses branches cachées se fait naturellement, sans jamais laisser le joueur totalement perdu.
Côté adversaires, l’IA reste classique mais efficace. Les ennemis de base (cobras, toucans déjantés) offrent un affrontement dynamique, encourageant à combiner sauts, charge et coups tournoyants. Les boss, quant à eux, montrent une ambition variable :

Le rythme des combats alterne phases de découverte mécanique et pics de tension. Si les habitués de la plateforme 3D réclament un max de défi, il reste possible que la frustration pointe le bout de son nez dans les mondes les plus étoilés.
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Sur le plan technique, l’équipe d’Odyssey montre qu’elle maîtrise parfaitement la Switch 2. Voici les points clés :
Du côté des éventuels soucis, on note une petite latence dans l’interface de la carte 3D, perfectible avant la sortie officielle. Mais globalement, c’est du gros travail d’optimisation qui, malgré l’ampleur du monde destructible, ne sacrifie ni la fluidité ni la qualité visuelle.
La bande-son combine remix de thèmes cultes et compositions originales. On retrouve des clins d’œil appuyés aux classiques Donkey Kong, mais aussi des morceaux plus rythmés, adaptés aux phases d’action intense. Pauline prête sa voix à plusieurs refrains — un choix osé, qui ajoute une touche pop-rock inattendue. Côté sound design, les bruits de débris qui s’effondrent et les échos sous terre sont particulièrement travaillés.

Une fois l’aventure terminée, le jeu propose plusieurs motivations pour y revenir :
La structure modulable des zones incite également à revisiter chaque biome pour dénicher les passages oubliés ou optimiser son parcours.
Nintendo a inclus plusieurs options pour rendre Bananza abordable :
Ces fonctionnalités garantissent que même les joueurs débutants profiteront du spectacle sans être bloqués trop longtemps, tout en laissant un vrai challenge aux compétiteurs aguerris.
Les quêtes principales se bouclent en une quinzaine d’heures, mais entre la chasse aux collectibles et les épreuves annexes, on peut facilement atteindre le double. La rejouabilité est d’autant plus élevée que chaque transformation offre une approche différente pour résoudre les mêmes énigmes.