
Environ 50 créatures apprivoisables au lancement, et pourtant le Beastmaster de Final Fantasy XIV: Crossroads donne déjà l’impression d’avoir oublié une partie de son propre monde. Le problème ne tient pas au volume brut de captures proposé par le patch 7.56. Il tient aux trous dans la sélection : des familles de monstres aussi évidentes que les ours, les loups, les sangliers, les scarabées, les bombes ou les funguar restent hors de portée. Pour un job dont toute l’identité dépend de la créature qu’il emmène au combat, ce genre d’absence pèse bien plus lourd qu’une simple entrée manquante dans un bestiaire.
Beastmaster est arrivé le 8 septembre 2026 avec le patch 7.56, au niveau 1 et avec un plafond initial fixé au niveau 50. Son accès demande déjà un job de combat au niveau 50, la quête principale The Ultimate Weapon et l’accès à Dawntrail. Le joueur doit ensuite parler à l’Aventurier enthousiaste de Nouvelle Gridania, aux coordonnées 11.8, 13.6, pour démarrer Des étrangers dans les bois. C’est un déblocage très cadré pour un limited job très cadré. Square Enix a donc eu tout le loisir de définir une première liste qui raconte quelque chose de cohérent sur la fantasy du dompteur.
À mes yeux, c’est précisément là que le roster initial trébuche. Un Beastmaster ne se juge pas uniquement sur le nombre d’actions disponibles, son rendement en combat ou la vitesse à laquelle il atteint le niveau 50. Il se juge sur cette promesse très simple : je parcours Éorzéa, je rencontre une créature marquante, je l’apprivoise, puis elle devient une extension reconnaissable de ma façon de jouer. Une liste de cinquante bêtes peut rester frustrante si elle couvre cinquante fois les mêmes idées de gameplay.
Le débat sur les « omissions étranges » ne réclame pas que chaque monstre croisé depuis A Realm Reborn soit capturable dès le premier jour. Cette attente serait absurde pour un job limité, introduit avec un plafond de niveau 50 et une progression fondée sur les créatures apprivoisées. En revanche, une sélection de lancement devait couvrir les grandes silhouettes et les grands rôles qui font vivre un bestiaire.
Or, les absences relevées sont difficiles à ignorer : taupes, yarzons, funguar, ours, loups ou chiens, peistes, scarabées, sangliers, squelettes et bombes. Certaines sont des créatures de terrain fondamentales. D’autres portent une identité de combat immédiatement lisible. Toutes auraient offert au Beastmaster davantage qu’un modèle visuel différent.
| Famille absente | Rôle de fantasy attendu | Valeur ludique pour le Beastmaster |
|---|---|---|
| Ours et sangliers | Brute terrestre, compagnon massif | Donner un archétype de première ligne clair et une présence physique forte |
| Loups et chiens | Prédateur mobile, partenaire fidèle | Porter l’idée d’un compagnon rapide, agressif et immédiatement identifiable |
| Bombes et funguar | Créatures de zone, pression élémentaire ou contrôle | Élargir les options d’attaque de zone et les profils tactiques |
| Scarabées, yarzons et taupes | Faune hostile d’Éorzéa | Éviter un bestiaire réduit aux mêmes silhouettes animales et renforcer la variété de terrain |
| Peistes et squelettes | Monstres plus atypiques, menace étrange | Donner au job une signature moins sage et plus mémorable |
Voilà ce qui rend la critique légitime. Une taupe ou un scarabée ne font peut-être rêver personne sur une affiche promotionnelle. Pourtant, ils comptent dans une collection de monstres parce qu’ils donnent au monde sa texture. Ils permettent de passer d’un compagnon élégant à une bestiole rampante, d’un prédateur à un nuisible, d’une monture de puissance à une créature de contrôle. Le Beastmaster a besoin de ce contraste. Sans lui, capturer devient vite un inventaire au lieu d’un langage de jeu.

Les omissions ne se valent pas toutes. Je peux comprendre qu’un roster de lancement laisse de côté des créatures très spécifiques, des ennemis rares ou des modèles qui poseraient des contraintes particulières. En revanche, exclure les loups et les chiens affaiblit directement l’image du dompteur. Le compagnon canin représente l’archétype le plus naturel du duo maître-animal : rapide, loyal, facile à lire en combat. Le priver au lancement revient à lancer un job de chevalier sans bouclier dans son iconographie de base.
Les ours et les sangliers posent le même problème sous un autre angle. Ils incarnent la bête robuste, la force frontale, l’animal qu’on imagine charger avant même de connaître sa fiche de compétences. Leur absence réduit la palette émotionnelle du bestiaire. Si les créatures capturables ne donnent pas au joueur le choix entre une brute, un chasseur, une nuisance, une menace magique et un compagnon étrange, le système finit par offrir des variantes plutôt que de vraies identités.
Les bombes sont encore plus révélatrices. Elles ne correspondent pas à la définition la plus stricte d’une « bête », et c’est justement ce qui aurait rendu leur présence précieuse. Final Fantasy XIV ne bâtit pas son bestiaire autour d’animaux réalistes ; il le bâtit autour de créatures immédiatement reconnaissables. Une bombe apporte une silhouette, une énergie et une promesse de dégâts de zone que ni un ours ni un loup ne remplacent. La laisser dehors retire une pièce majeure de la boîte à outils imaginaire du job.
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Le statut de limited job impose des bornes réelles. Beastmaster démarre au niveau 1, s’arrête au niveau 50 lors de cette première version et construit sa progression autour de captures plutôt qu’autour d’un arbre de compétences autonome. Personne de raisonnable ne devrait exiger une encyclopédie complète de l’écosystème d’Éorzéa au 8 septembre 2026. Un lancement progressif fait partie du contrat.
Cette contrainte ne blanchit pas une sélection arbitraire. Une première vague réduite doit être plus intentionnelle, pas moins. Chaque créature retenue devrait cocher au moins une case essentielle : une fonction de combat distincte, une silhouette incontournable, une affinité élémentaire utile, une idée de compagnon forte ou une place concrète dans les zones que le joueur traverse. L’argument du contenu à venir n’améliore pas l’expérience présente. Il confirme seulement que l’équipe a choisi de reporter une partie de la fantasy vendue par le job.

Le plafond de niveau 50 rend même cette question plus urgente. Avec une progression encore limitée, le joueur a besoin de sentir rapidement une vraie amplitude dans ses captures. Il doit pouvoir choisir une bête parce qu’il aime son rôle, son comportement ou son allure, pas parce qu’elle appartient à l’une des rares catégories disponibles. C’est ainsi qu’un système de collection devient un système de personnalisation.
Beastmaster ne peut pas survivre durablement sur le seul plaisir de cocher des noms dans une liste. Cette structure fonctionne quelques jours, parfois quelques semaines, puis le joueur commence à regarder ce que chaque capture modifie réellement. Si plusieurs bêtes occupent la même niche pratique, avec des différences trop faibles pour justifier leur existence, la collection perd son pouvoir. On garde alors une vitrine de monstres au lieu d’un roster de partenaires.
C’est pourquoi les familles oubliées comptent davantage que de simples variantes manquantes. Un loup doit évoquer la mobilité. Un ours doit évoquer l’impact. Un funguar doit évoquer le contrôle ou l’étrangeté. Une bombe doit évoquer la zone et la prise de risque. Un peiste doit évoquer une menace plus reptilienne et plus hostile. Ces associations ne demandent pas au jeu de livrer cent compétences inédites. Elles demandent à sa sélection initiale d’avoir une logique de couverture.
Les squelettes constituent la demande la moins évidente, car ils repoussent la frontière entre « bête » et monstre humanoïde animé. Je ne considère pas leur absence aussi dommageable que celle des loups, des ours ou des bombes. Leur cas reste utile : il montre que les joueurs cherchent déjà les limites du système, car le Beastmaster invite naturellement à se demander quelles créatures appartiennent à sa fantasy. Cette curiosité est saine. Elle devient un problème lorsque les réponses de lancement paraissent plus étroites que l’univers lui-même.
La première liste de Beastmaster devait laisser les joueurs débattre de leur compagnon préféré. Elle les pousse déjà à dresser l’inventaire de ceux qu’ils ne peuvent pas prendre. Tant que les captures disponibles n’intègrent pas les archétypes absents les plus évidents — au minimum les prédateurs canins, les brutes comme les ours ou les sangliers, et des créatures de zone telles que les bombes — le job conservera un défaut d’identité que cinquante entrées ne suffisent pas à camoufler.