
Quand Konami consacre l’ouverture de son Press Start à Metal Gear Solid Delta: Snake Eater, difficile de faire la fine bouche – surtout après des années à sursauter à la moindre rumeur de remake. Mais au-delà du simple coup de polish graphique, c’est ce que le jeu ramène sur la table (et ce qu’il en retire) qui accroche vraiment l’attention. Dans un secteur où les remakes oscillent entre sheep-like paresseux et véritables lettres d’amour, voyons ce que le nouveau serpent propose pour s’extirper du lot.
| Feature | Specification |
|---|---|
| Publisher | Konami |
| Release Date | 28 août 2024 |
| Genres | Action, Infiltration, Remake, Multijoueur |
| Platforms | PS5, Xbox Series, PC |
Plus que du vernis graphique : entre come-back fanservice et nouvelles directions
À première vue, la vraie bombe de ce showcase, c’est ce mode Fox Hunt. Oui, on sent l’inspiration Prop Hunt, ce mode devenu culte dans Garry’s Mod où le jeu de cache-cache est roi. Là, la promesse c’est la recette Kojima : chaque joueur maîtrise l’art du camouflage, tentant de piéger ou de retrouver l’autre dans les décors de la jungle soviétique. Alors franchement, entre la nostalgie de la furtivité classique et la tension des modes multijoueurs modernes, je veux bien laisser sa chance à ce concept hybride. Mais soyons honnêtes : jusqu’ici, Konami a rarement brillé en dehors de ses scripts solo. Le spectre Metal Gear Online plane (et hante les fans frustrés par la fermeture du service). Du coup, je tempère l’enthousiasme : le vrai défi, c’est d’éviter le gadget gimmick — et de proposer des maps intelligentes et un équilibrage digne de la légende Snake.
Fanservice bien dosé ou pétard mouillé ? Ces annonces de bonus sont à double tranchant. Serpent contre Singe, c’est un classique PS2 qui tape dans le cœur des joueurs PlayStation nostalgiques (coucou l’esprit Ape Escape). Sauf que la version Xbox doit se rabattre sur un crossover Bomberman, histoire d’éviter sans doute les soucis de droits. C’est malin, mais un peu moins iconique. Je leur accorde le bénéfice du doute par curiosité, mais ce n’est pas ça qui fera revenir massivement les old-timers.

Le Secret Theater, de son côté, revient mais transformé : on parlera ici de mini-séquences à débloquer grâce à des collectibles (façon « dog tags » dans MGS2). Bonne idée pour un remake : ça encourage l’explo, apporte une carotte ludique en plus, et remet sous le projecteur la dimension décalée de Kojima, celle qu’on regrette tant dans le jeu vidéo japonais moderne, souvent trop sage ou calibré aujourd’hui. Mais on attendra de voir si la promesse se concrétise ou si la récolte tourne à la corvée répétitive.

Franchement, on aurait tort d’ignorer ce remake : Metal Gear Solid Delta porte sur ses épaules la mission de prouver que Konami n’a pas juste ressorti la planche à billets. Tant mieux, car entre la réinvention du multi, la chasse aux bonus et les clins d’œil bien sentis, on retrouve des signes que l’éditeur a écouté les attentes de sa communauté (au moins en surface). Mais au final, pour ceux qui ont grandi sur les MGS, la vraie angoisse, c’est toujours de voir un héritage malmené ou édulcoré. De nombreux studios se cassent les dents sur l’exercice périlleux du remake : trop fidèle, on s’ennuie ; trop différent, on trahit. À ce stade, il reste surtout à voir ce que donneront les contrôles modernisés, le level design, et (surtout) le soin accordé à l’ambiance et aux mécaniques d’infiltration. Si le Fox Hunt trouve sa vibe et que le Secret Theater ne verse pas dans la fausse nostalgie, Kojima peut dormir tranquille.
Pour moi, la réussite passera par la capacité du titre à proposer une expérience qui ne tombe pas dans le piège du tout-réseau ni ne s’enferme dans le musée patrimonial. Les bonus sont sympas, mais ce sont le rythme, la tension et la liberté d’approche qui feront décoller (ou non) ce remake auprès d’une nouvelle génération.

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Metal Gear Solid Delta: Snake Eater mise sur le double pari du fanservice intelligent et de l’innovation multijoueur, sans (pour l’instant) sombrer dans la caricature. Le retour du Secret Theater, le mode Fox Hunt, et les crossovers chelous suffisent à piquer la curiosité des vieux routards comme des curieux du genre. Reste à voir si Konami saura transformer cet alignement de bonus en vraie nouvelle expérience Metal Gear, ou si on aura juste un musée interactif pour nostalgiques. Réponse le 28 août… et, pour une fois, j’y crois.