
Par Dam, alias Lan Di sur FinalBoss. Dix ans que j’attends le « GTA-like » signé par Leslie Benzies, l’un des pères de GTA III à V. Entre promesses de révolution urbaine et réalité technique, voici mon bilan après 13 heures d’exploration – ou devrais-je dire de survie.
Leslie Benzies quitte Rockstar en 2016, fonde Build a Rocket Boy (BaRB) en 2019, lance une campagne privée fin 2020 puis dévoile MindsEye en mai 2022. Initialement prévu pour 2023, repoussé à l’automne 2024, le jeu a accumulé retards et promesses marketing ‒ graphismes next-gen, liberté totale, IA avancée. Mais sortir un open world de cette envergure sans faille, c’est un marathon, et BaRB n’avait pas l’infrastructure de Rockstar North.
Quand GTA V (2013) redéfinissait le sandbox urbain avec ses personnages interconnectés, Ubisoft posait des jalons avec Watch Dogs (2014) et Legion (2020) sur le hacking et la verticalité. MindsEye ambitionne de mêler libre action, infiltration et braquages à grande échelle. Sur le papier, ça ressemble à un GTA modernisé, à un Watch Dogs dopé à l’Unreal 5. En pratique, beaucoup de mécaniques restent à l’état d’ébauche, tandis que les concurrents ont peaufiné chaque sous-système depuis des années.
Le cœur de chaque open world, ce sont les missions. MindsEye propose une soixantaine de quêtes principales et autant de secondaires, entre braquages, courses-poursuites et infiltrations. Les scripts promettent des embranchements narratifs dynamiques, mais de nombreux bugs de script rendent certaines missions impossibles à terminer.
Au global, les missions manquent de rythme : on passe plus de temps à relancer des scripts qu’à profiter du level design. Un comble pour un titre fait par un vétéran Rockstar, où chaque mission de GTA V respirait l’optimisation ludique.

BaRB vantait une IA piétonne et routière révolutionnaire. En réalité :
Les promesses d’une pression constante, digne d’un film d’action, tombent à plat : on assiste souvent à des gunfights dignes d’un FPS Flash de 2006, sans nervosité ni challenge équilibré.
MindsEye déploie une métropole trois fois plus grande que celle de GTA III. Plusieurs quartiers thématiques (downtown, port, banlieues), mais l’impression d’un décor creux subsiste :
Le level design aurait gagné à être plus dense, plus organique. Ici, le feeling « vivant » est toujours en chantier.

Accédez à des stratégies exclusives, des astuces cachées et des analyses pro que nous ne partageons pas publiquement.
Guide stratégique ultime Tests + Astuces pro hebdomadaires
La bande-son de MindsEye est un mélange de licences EDM et hip-hop, entrecoupées de stations radio factices. Quelques morceaux convaincants, mais la sélection manque de variété. Les doublages français, réalisés en interne, souffrent d’intonations parfois robotiques, alors qu’un GTA V ou Watch Dogs mise sur des voix pro pour chacun de ses personnages secondaires.
Effets environnementaux : bruits de pas, moteurs, sirènes. Les ambiances sonores manquent de précision spatiale (pas d’audio 3D convaincant), les réverbérations urbaines sont génériques. Le sound design industriel paraît ici un peu cheap pour un titre vendu 70 €.
Le point le plus rageant. Sur ma config PC (RTX 3070, Ryzen 5 5600X, 32 Go RAM) :
Même en désactivant ray tracing et en forçant un upscale via FSR, la stabilité reste un vœu pieux. À ce niveau, Cyberpunk 2077 à sa sortie paraissait plus policé, malgré ses lourdes carences initiales.
Sur Discord et Reddit, la communauté est partagée :
Sans défenseurs acharnés, le vocabulaire domine : « bêta déguisée », « alphatest public », « jamais vu un tel crash ». Pas exactement le bouche-à-oreille rêvé pour relancer un moteur de hype.

Parce que même un Titanic a ses hauts-de-forme :
Pour que MindsEye atteigne ce niveau, il faudrait au moins six mois de développement intenses, doublé d’une équipe QA quadruplée pour éradiquer scripts plantogènes et fuites mémoire.

En l’état, recommander MindsEye relève du masochisme : bugs, crashes, IA bancale, aspects techniques inachevés. Mais le potentiel existe, sous une montagne de correctifs et d’optimisations. À 70 €, c’est payer pour être bêta-testeur. Wait & see : si BaRB tient ses promesses de gros patchs mensuels, l’espoir d’une renaissance open world est permis. Sinon, le vétéran Rockstar aura perdu son pari le plus ambitieux.
Note actuelle : 3/10 – pénalisé par l’état technique et la fiabilité, sauvé par un concept solide et quelques fulgurances visuelles.