
Le 1er juillet 2026, Sony a fixé une date que les joueurs attachés au physique doivent prendre au sérieux : à partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation ne seront plus produits sur disque. Ils passeront par le PlayStation Store et par des revendeurs qui distribueront des codes de téléchargement. Les jeux déjà sortis, ainsi que les éditions disque déjà planifiées avant cette échéance, restent en dehors de ce changement.
Le #PSBlackout part donc d’un grief réel. Je refuse pourtant la version brouillonne de la colère, celle qui mélange « fin des nouveaux disques en 2028 », disparition instantanée de toute la bibliothèque PS5 et suppression future des jeux physiques déjà achetés. Cette confusion offre à Sony le meilleur moyen d’ignorer le fond. Une protestation efficace exige une cible précise : la fin programmée de la vente de nouveaux jeux PlayStation sur support disque, et la perte de choix qu’elle impose aux acheteurs.
Le State of Play consacré à Phantom Blade 0, diffusé le 17 août 2026, devait mettre le combat et l’univers du Wulin au centre de l’attention. Il est devenu un mur de messages « no disc no buy », soit « pas de disque, pas d’achat », sur YouTube et Twitch, avec une avalanche d’émojis de disques dans le direct puis sous la vidéo. La formule est brutale, mais elle a une vertu : elle exprime une limite d’achat immédiatement compréhensible.
Le problème commence lorsque ce slogan transforme un jeu tiers en substitut de la politique PlayStation. Phantom Blade 0 arrive le 29 octobre 2026 sur PS5, donc largement avant janvier 2028. Sa position dans le calendrier rend une édition disque possible. Elle ne garantit rien du tout. Une présentation marketing, même hébergée par PlayStation, ne remplace pas une fiche produit indiquant clairement « édition disque ».
Je ne vois aucun intérêt à traiter un chat de State of Play comme une urne électorale. Le lieu est visible, certes, et Sony contrôle l’environnement promotionnel. Pourtant, la seule information qui compte pour un acheteur physique reste très terre-à-terre : quel produit est vendu dans sa région, quel support se trouve dans la boîte, et quelle licence est réellement transférable lors d’une revente. Tout le reste relève du bruit autour d’une bande-annonce.
Le mot « physique » a perdu sa précision. Une boîte peut contenir un disque jouable, un simple code de téléchargement, ou un mélange des deux avec des contenus à récupérer en ligne. Pour un collectionneur, pour un joueur qui revend ses jeux et pour quelqu’un qui veut limiter sa dépendance au compte PlayStation, ces trois objets ne valent pas la même chose. Les mettre dans la même catégorie revient à acheter une voiture en vérifiant uniquement la couleur du capot.

| Format vendu | Preuve à exiger sur la fiche ou la boîte | Conséquence concrète |
|---|---|---|
| Édition disque | Mention explicite d’un disque, visuel du verso et identification de l’édition | Le support peut être conservé, prêté ou revendu avec le boîtier, sous réserve des téléchargements et contenus liés au compte. |
| Boîtier avec code de téléchargement | Indication claire qu’un code est inclus et que le jeu doit être téléchargé | La boîte devient un emballage. Une fois le code utilisé, sa valeur de revente chute lourdement. |
| Édition hybride | Détail du contenu présent sur le disque et du contenu réservé à un code ou à un téléchargement | La valeur dépend de ce qui est réellement jouable depuis le disque, pas du logo PS5 imprimé sur la jaquette. |
Cette distinction devient encore plus importante à l’approche de 2028. Sony peut continuer à vendre des produits en boîte chez des revendeurs sans que ces boîtes contiennent un disque. Une jaquette sous blister n’est donc plus une garantie de possession matérielle. Le marché de l’occasion fera vite la différence entre un disque complet, une édition hybride et un code déjà lié à un compte.
La ligne officielle est nette sur un point : les nouveaux jeux PlayStation publiés à partir de janvier 2028 quitteront la production de disques. Sony justifie cette orientation par le basculement des achats vers le numérique. Le groupe n’a annoncé ni retrait immédiat des disques PS5 en circulation, ni désactivation des jeux physiques déjà achetés, ni annulation automatique des sorties disque prévues avant cette date.
En revanche, Sony n’a pas annoncé de remboursement général pour les personnes qui possèdent des disques, et n’a formulé aucune promesse de maintien d’accès à vie pour les achats numériques ou physiques. Cette absence compte davantage que les éléments de langage sur la transition des habitudes. Un achat numérique correspond à un droit d’accès attaché à un compte et à une infrastructure de distribution. Un disque réduit cette dépendance, même lorsqu’un jeu exige des mises à jour ou des téléchargements complémentaires.
C’est le cœur de ma position : Sony a le droit de suivre son marché, mais les joueurs ont raison de refuser que le vocabulaire du « format pratique » efface la différence entre posséder un support et détenir une autorisation d’accès. Le numérique rend l’achat immédiat. Le disque conserve la possibilité de prêter, de revendre, de collectionner et de jouer sans demander au magasin de rester ouvert pour chaque installation. Ce ne sont pas des préférences décoratives ; ce sont des usages différents.
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Le #PSBlackout prévu du 23 au 30 août demande aux participants de débrancher leur PS5 et de ne pas jouer afin de peser sur les utilisateurs actifs quotidiens de la plateforme. L’action a une valeur symbolique, mais elle ne remplace aucune vérification d’achat. Les joueurs qui veulent réellement réduire leur risque d’accès et de revente disposent d’actions bien plus directes.

Les titres PS5 déjà commercialisés avant janvier 2028 resteront le cœur du marché de collection physique. La bascule de Sony ne les efface pas. Elle change en revanche la nature des achats futurs et rend chaque fiche de produit plus importante. Le collectionneur qui achète une édition disque documentée sécurise un objet identifiable ; celui qui achète une boîte sans lire le contenu paie potentiellement pour du carton et une licence à usage unique.
Débrancher sa console pendant une semaine peut réduire une statistique d’activité si suffisamment de personnes participent. Cela ne crée aucune obligation contractuelle pour Sony, aucune édition disque supplémentaire et aucune garantie de pérennité pour une bibliothèque numérique. La mesure la plus lisible reste le refus d’achat lorsque le format vendu ne correspond pas à ce que le joueur veut posséder.
Je défends donc le principe « pas de disque, pas d’achat » quand il décrit une décision de consommation informée. Il perd sa force lorsqu’il devient une accusation automatique contre chaque jeu montré lors d’un événement PlayStation. Phantom Blade 0 fournit un test très simple : sa sortie d’octobre 2026 tombe dans la fenêtre où une version disque peut encore exister. Les acheteurs physiques doivent exiger l’information concrète sur son édition, puis acheter ou passer leur tour en conséquence.
Janvier 2028 marque la fin des nouveaux disques PlayStation, pas la fin immédiate de tous les disques PS5. Cette nuance ne rend pas la décision moins mauvaise pour les joueurs attachés à la propriété matérielle. Elle indique où porter la pression : sur les éditions annoncées, sur les conditions de vente et sur chaque boîte qui prétend encore représenter un jeu physique.