Star Wars: Galactic Racer hands-on : le roguelite de course pousse le moteur à fond

Star Wars: Galactic Racer hands-on : le roguelite de course pousse le moteur à fond

Damien·24/06/2026·11 min de lecture

J’ai encore le grondement des moteurs de l’Anakin Skywalker’s Podracer gravé dans la mémoire musculaire, ces après-midi entières passées sur Episode I: Racer à esquiver les rochers de Tatooine en mode miroir. Vingt-cinq ans plus tard, quand j’ai enfin posé les mains sur Star Wars: Galactic Racer lors d’une session hands-on au Summer Game Fest, c’est ce même frisson arcade qui est remonté – sauf que cette fois, le studio Fuse Games, fondé par d’anciens vétérans de Burnout et Need for Speed et édité par Secret Mode, a décidé de tout mélanger à une structure roguelite. Pas d’hommage poussiéreux au Podracing, donc, mais une réinvention brutale où chaque course peut être votre dernière.

Mon approche était sceptique. Les jeux de course Star Wars ont souvent oscillé entre fan-service maladroit et expérience technique bancale. Mais dès les premières secondes de gameplay, la patte des créateurs de Burnout a fait effet : la gravité des dérapages, l’impact presque jouissif des collisions, cette sensation que le métal raclait le bitume – ou l’équivalent galactique. Seulement, Galactic Racer ne se contente pas de recycler la formule arcade. Dès le premier menu, la Galactic League m’a projeté dans une structure de tournoi planétaire où chaque destination est une étape, et chaque étape un pari sur mes nerfs.

L’héritage Burnout au service de la Galactic League

Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est la vélocité pure. On sent immédiatement que des gens ayant passé des années à peaufiner la physique du crash et du drift sont aux manettes. Dans Galactic Racer, faucher un concurrent sur la ligne de départ n’est pas une tragédie : c’est une stratégie. Le jeu récompense l’agressivité calculée, ce que j’ai compris après avoir tenté – stupidement — de rouler propre pendant mes trois premières courses. Résultat : éliminé avant le quatrième tour à chaque fois. La leçon est tombée vite : ici, la politesse ne paie pas.

La Galactic League structure l’ensemble comme une montée en puissance. Vous débutez sur des tracés relativement ouverts, pour atterrir progressivement sur des circuits plus vertigineux, plus étroits, plus sadiques. Chaque planète apporte sa propre identité visuelle et mécanique — gravité réduite, tempêtes de sable, conduits étroits creusés dans la roche. Ce n’est pas un simple relooking de décor ; c’est une remise en question complète de vos réflexes. J’ai dû réapprendre à freiner trois ou quatre fois d’une planète à l’autre, et cette courbe d’adaptation m’a rappelé pourquoi j’aimais les anciens jeux de course arcade qui n’avaient pas peur de me mettre une gifle.

La pression de l’éliminateur : mes premières courses mortelles

Le cœur du système, c’est le format éliminateur. Vous n’êtes pas là pour enchaîner trois tours paisibles et repartir avec une médaille de participation. Non. À la fin de chaque tour, le dernier est retiré de la compétition. Cela paraît simple sur le papier, mais en pratique, cela transforme chaque section du circuit en une session de survie. Lors de ma première run sur un tracé volcanique aux allures de Mustafar, j’ai passé deux tours à me battre pour la cinquième place, persuadé que ma maîtrise du virage en épingle suffirait. Troisième tour : une épingle ratée, un contact avec la paroi, et j’ai vu mon nom disparaître de la grille. Game over. Retour au hub.

Cette pression constante est exactement ce qui distingue Galactic Racer d’un WipEout ou d’un F-Zero. Le roguelite ne sert pas de colle narrative bidon ; il redéfinit la tension mécanique. Vous devez non seulement rouler vite, mais rouler propre, gérer vos ressources, anticiper les trajectoires adverses, tout en sachant qu’une seule faute d’inattention vous renvoie au début du chapitre. Après une dizaine de runs, j’ai compris que l’on ne joue pas contre le chrono : on joue contre l’élimination.

Et cette tension monte en puissance au fil des planètes. La progression de la ligue m’a donné l’impression de gravir une tour dont chaque étage rétrécit, et où les adversaires deviennent plus agressifs, plus compétents, plus prompts à vous bousculer dans le vide. Au bout de trois heures de session, mes paumes suantes témoignaient : ce jeu sait créer de l’anxiété positive, celle qui vous pousse à recommencer immédiatement.

Capsules, boucliers et ramjet : le kit qui redéfinit chaque run

Ce qui m’a le plus surpris après quelques éliminations, c’est à quel point le kit d’upgrades modifie la donne d’une run à l’autre. Fuse Games n’a pas juste ajouté des bonus cosmétiques : les capacités actives et passives redessinent votre approche minute par minute. Prenons le bouclier. Dans une course classique, vous fonceriez tête baissée dans le peloton. Avec un bouclier équipé, j’ai commencé à adopter une stratégie de taré : provoquer les collisions volontairement pour faire dévier mes adversaires sans perdre de vitesse. C’est une lecture complètement différente du tracé, presque un jeu de sumo à 600 km/h.

Screenshot from Star Wars: Galactic Racer
Screenshot from Star Wars: Galactic Racer

À l’inverse, le ramjet m’a poussé vers un style de pilotage plus aérien, plus risqué. Ce n’est pas juste un boost ; c’est une redéfinition de la trajectoire. J’ai découvert des raccours que je n’aurais jamais osé tenter sans cette poussée supplémentaire, des lignes droites au-dessus du vide qui raccourcissent le circuit de manière significative, mais à prix d’or : une erreur de calibration, et c’est le plunge dans le néant. Ces deux exemples illustrent bien la richesse que le roguelite apporte ici. Ce ne sont pas des pourcentages de stats qui changent ; ce sont des options de gameplay qui transforment votre relation au circuit.

Le système de méta-progression entre les runs m’a donné une vraie motivation à persévérer. Vous accumulez une monnaie, vous débloquez des améliorations permanentes, des variantes de véhicules — pods certes, mais aussi d’autres classes de bolides que je ne m’attendais pas à voir dans l’univers Star Wars — et surtout, vous apprenez. Parce que chaque échec vous enseigne la géométrie d’un virage, la synchronisation d’un saut, le comportement d’un pilote IA comme Kestar Bool ou Kor Sarun: Darc, qui semblent avoir leurs préférences de trajectoire propres. Après plusieurs runs, je ne voyais plus mes éliminations comme des punitions, mais comme des données à exploiter.

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Quand les pieds quittent les pédales : les segments on-foot

Il y a un moment dans Galactic Racer où vos pieds touchent le sol, et ce n’est pas métaphorique. Fuse Games a intégré des séquences on-foot entre certaines courses, des phases de traversal où vous quittez votre cockpit pour courir, sauter, activer des mécanismes. Sur le papier, c’est l’idée géniale qui casse la monotonie. Dans la pratique, c’est le point le plus fragile de l’expérience.

Lors d’une transition sur une station spatiale, j’ai dû traverser une section de plateforme en gravité zéro avant de récupérer mon prochain véhicule. La caméra, parfaitement calibrée en mode course, devient soudainement hésitante. Les animations de saut manquent du poids des dérapages, et le rythme s’effondre pendant une bonne minute. Ce n’est pas désastreux — les séquences sont courtes — mais c’est un changement de tonalité brutal. Après plusieurs essais, j’ai compris que ces segments servaient surtout de respiration narrative, pour poser l’enjeu de la prochaine course. Reste à savoir si cette respiration ne va pas devenir un obstacle à la longue.

Le risque est réel : si la traversal à pied ne parvient pas à tenir la cadence ou si elle alourdit le pacing général, elle pourrait devenir la partie que les joueurs impatients voudront skipper à tout prix. Dans la build que j’ai testée, ces segments n’étaient pas encore parfaitement optimisés ; quelques saccades apparaissaient quand trop d’effets de particules s’activaient en arrière-plan. Un point à surveiller de près d’ici la sortie.

Unreal Engine 5 et la quête des 60 fps : réaliste ou pipe dream ?

Parlons technique, parce que c’est ici que Fuse Games joue gros. Utiliser Unreal Engine 5 pour un jeu de course aussi frénétique, avec autant de véhicules à l’écran, d’explosions, de boucliers lumineux et de traînées de lumière, c’est un défi de taille. Les développeurs ont fait le choix de solutions d’illumination globale et d’upscaling spécifiques à chaque plateforme — PS5, PS5 Pro, Series X, Series S, PC — pour maintenir une cible de 60 fps constante.

Sur la version PS5 de la build hands-on, l’ensemble tenait plutôt bien la route dans les courses standards. Les circuits sont véritablement impressionnants, avec une densité géométrique qui rappelle par moments les panoramas des récents jeux d’action Star Wars, mais à une vitesse trois fois supérieure. Là où le bât blesse, c’est quand l’éliminateur atteint son paroxysme : six véhicules encore en lice, explosions en chaîne, boucliers qui entrent en collision, et soudain, des traînées de lumière qui saturent l’écran. Dans ces moments-là, j’ai senti le frame-time hésiter, une micro-saccade au moment précis où je tentais un dépassement millimétré.

Screenshot from Star Wars: Galactic Racer
Screenshot from Star Wars: Galactic Racer

Sur PC — testé sur une configuration équipée d’un SSD NVMe et d’une carte récente — l’expérience était plus stable, mais c’était aussi la configuration la plus musclée disponible. La vraie question reste la Series S. Si Fuse Games parvient à maintenir cette fluidité sur la console d’entrée de gamme Microsoft sans dénaturer les effets visuels qui font le sel des courses, ce sera un tour de force technique. Pour l’instant, la cible des 60 fps est crédible sur les machines current-gen, mais elle dépendra énormément de la façon dont les segments on-foot et les éliminations massives seront optimisés d’ici la sortie.

Le Deluxe Edition traînait dans les options du menu, avec des skins et des variantes de véhicules déjà visibles, mais ce qui m’a davantage marqué que les cosmétiques, c’est la qualité du feedback haptique sur DualSense. Quand votre pod heurte une paroi ou quand le ramjet s’active, la manette vibre de manière nuancée, presque musicale. C’est ce genre de détail qui rappelle que des gens ayant travaillé sur des références du genre arcade sont aux commandes.

Pour qui est-ce fait, et pourquoi ça pourrait vous accrocher

Si vous cherchez une simulation de pilotage, passez votre chemin. Star Wars: Galactic Racer ne veut pas de vous. En revanche, si vous aimez les roguelites qui vous foutent une claque à chaque échec, si vous avez passé des nuits sur Hades ou Risk of Rain en vous disant « encore une run », et si l’univers Star Wars vous parle autant par ses pods que par ses sabres laser, alors ce jeu est taillé pour vous.

Personnellement, j’ai trouvé ma courbe d’apprentissage plus abrupte que prévu. Les premières courses m’ont semblé injustes, punitives, presque capricieuses. C’était avant que je comprenne que le jeu récompense l’agressivité calculée plus que la perfection sterile. Une course où je termine deuxième mais où j’ai détruit trois adversaires au bouclier m’a rapporté plus de ressources qu’une première place timide. Cette philosophie, très Burnout dans l’âme, m’a convaincu que Galactic Racer sait ce qu’il est.

La présence de pilotes comme Kestar Bool et Kor Sarun: Darc dans la ligue donne aussi une personnalité à la progression. Ce ne sont pas des bots anonymes ; ils ont des styles de pilotage reconnaissables, des cinématiques d’introduction avant les duels de ligue, et une difficulté qui grimpe de manière tangible. Quand j’ai enfin battu Sarun après six tentatives, ce n’était pas juste une victoire, c’était un déblocage. La run suivante s’en est trouvée transformée par une nouvelle pièce de pod débloquée, et le cycle a repris.

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Verdict final : l’audace paie-t-elle ?

Au final, Star Wars: Galactic Racer est une proposition audacieuse. Fuse Games prend le risque de mélanger deux univers de gameplay — la course arcade pure et la structure roguelite avec méta-progression — dans un cadre Star Wars qui, pour une fois, n’a pas peur d’être niche. Ce n’est pas le jeu de course pour tout le monde. La difficulté est exigeante, les éliminations peuvent frustrer, et les phases on-foot mériteront un sérieux polish d’ici la sortie.

Mais cette personnalité, cette volonté de ne pas faire un produit malléable et consensuel, c’est exactement ce que j’attends d’un studio dirigé par des anciens de Criterion. Entre le frisson de l’éliminateur, la puissance des capacités comme le ramjet, et l’émerveillement visuel signé Unreal Engine 5, j’ai passé des moments mémorables sur cette build. Si l’optimisation tient ses promesses sur toutes les plateformes, et si les segments à pied trouvent leur rythme, nous aurons là l’un des meilleurs jeux de course arcade de cette génération, et certainement le meilleur jeu de courses Star Wars depuis deux décennies.

Note : 8/10

Star Wars: Galactic Racer sortira en octobre sur PC, PS5 et Xbox Series X|S.

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Damien
Publié le 24/06/2026