
Je vais être franc : j’avais vraiment envie d’aimer Gear.Club Unlimited 3. Sur Nintendo Switch 2, les jeux de bagnoles modernes ne courent pas les rues, et avoir un nouvel arcade avec des vrais constructeurs, des routes inspirées du Japon et de la France, et un système de gestion de club… sur le papier, ça cochait toutes mes cases.
Je l’ai lancé sur ma Switch 2, d’abord en docké sur une télé 4K, puis plusieurs soirées en portable dans le canapé. J’étais prêt à fermer les yeux sur quelques concessions techniques tant que la sensation de conduite était là. Sauf qu’au bout de 3-4 heures, un constat s’est imposé : il y a un bon jeu d’arcade sous le capot, mais il est coincé derrière une technique catastrophique et une IA complètement à la rue.
Et ce qui rend tout ça encore plus inquiétant, c’est le contexte : Nacon vient d’être déclaré insolvable. Du coup, l’espoir de voir Eden Games corriger proprement le tir à coups de patchs s’amenuise pas mal.
Les premières minutes m’ont franchement mis de bonne humeur. Tu démarres dans une campagne scénarisée avec personnages, dialogues et un objectif clair : monter un nouveau club au Japon, puis étendre tes activités vers une région méditerranéenne qui transpire la côte française.
Sur la carte, tu choisis tes épreuves, tu développes ton garage, tu gagnes des voitures sous licence (Nissan, BMW, McLaren, Bentley, Subaru, etc.) et tu débloques des tracés. Les circuits sont fictifs, mais on reconnait tout de suite l’inspiration : autoroutes façon Tokyo, routes de montagne japonaises, campagnes et bords de mer très “sud de la France”. Ambiance réussie, honnêtement.
Au volant, la première sensation est plutôt bonne. Arcade assumé, mais pas débilement simpliste. Les freinages comptent, tu ne peux pas juste rester à fond et rebondir sur les rails. Si tu accélères trop tôt en sortie de virage, la voiture part en grand travers, parfois de façon un peu exagérée, mais ça donne ce petit côté “jeu d’arcade exigeant” que j’aime bien.
Au bout de deux heures, le feeling m’a même rappelé Driveclub par touches, vraiment en version “light” hein. La caméra, le côté agressif du bitume mouillé, la sensation de vitesse sur certaines routes… On n’est clairement pas au même niveau de finition, mais j’ai eu plusieurs flashs de ce jeu-là, et ça m’a fait plaisir.
Le cœur du jeu, c’est le mode Carrière. Là, Eden Games a eu quelques bonnes idées qui vont au-delà de la simple enfilade de championnats.
Tu gères ton club/atelier, une sorte de hub où tu peux :
Les techniciens sont littéralement un “ressource” que tu gagnes en terminant certaines épreuves et que tu affectes à des postes. Par exemple, en collant un gars sur le globe qui te sert à choisir tes courses, tu augmentes tes revenus après chaque épreuve. C’est un détail, mais ça donne ce petit sentiment de progression hors piste que la plupart des arcades n’ont pas.
Côté économie, le jeu balance énormément de crédits, mais beaucoup moins les pièces nécessaires aux upgrades. Pendant les 5-6 premières heures, je me suis souvent retrouvé avec plein de thunes mais sans les modules requis pour améliorer correctement ma caisse. Sur le papier, ça pourrait être un vrai système de gestion intéressant, te forçant à choisir quelle voiture chouchouter.
Le problème, c’est qu’avec l’IA catastrophique, tu n’as presque jamais besoin d’optimiser quoi que ce soit pour gagner. Et là, tout le château de cartes de la progression s’effondre un peu.
En piste, la conduite en elle-même est sympa. On est loin d’une simu, évidemment, mais le jeu ne se conduit pas non plus comme un mobile f2p insipide.

Tu dois freiner tôt, préparer tes virages, rester relativement propre. Les voitures peuvent décrocher si tu bourrines, surtout si tu remets les gaz comme un goret en milieu de courbe. Là où j’ai un peu déchanté, c’est en changeant de voitures régulièrement au fil de ma progression.
Les différences de comportement entre les modèles sont étonnamment faibles. Qu’il s’agisse de mon premier Subaru BRZ ‘21 ou de voitures censées être bien plus bestiales, j’ai eu la sensation de conduire à peu près la même chose, avec juste des stats un peu plus élevées et une accélération différente. En arcade, je ne demande pas le feeling d’un Assetto Corsa, mais un minimum de personnalité d’un modèle à l’autre, ça aide à s’attacher à son garage.
Le jeu brille surtout dans certains types d’épreuves :
Ces duels autoroutiers sont, de loin, ce que j’ai préféré. Tu zigzagues entre les voitures de civil, tu cherches l’aspiration, tu tentes un dépassement à la limite du crash… Franchement, ces moments-là sont plus fun que certains clones officiels de Tokyo Xtreme Racer sortis récemment. Quand Gear.Club Unlimited 3 se contente d’être un pur jeu d’arcade sans se prendre la tête, il marche vraiment bien.
Mais tout ce qui touche aux adversaires contrôlés par le jeu part complètement en vrille. L’IA est l’un des pires points que j’ai vus depuis longtemps dans un racer moderne.
Les bots freinent beaucoup trop fort dans les virages. Il m’est arrivé des dizaines de fois de les rentrer dedans parce qu’ils pilaient à des endroits où tu peux, toi, passer bien plus vite. Sur route sinueuse, ils se traînent alors qu’ils devraient avoir des voitures largement supérieures à la tienne. Résultat : tu les manges un par un en courbe, sans forcer.
À l’inverse, dès que la route se dégage et que tu arrives sur une longue ligne droite, si ta voiture est objectivement un cran en dessous, ils te fusent dessus comme des missiles sol-air. On sent une sorte de “rubber band” mal calibré : ils trichent pour rester dans le coup, mais roulent comme des touristes dès qu’il faut tourner le volant.
Conséquence directe : j’ai passé une quantité déraisonnable de temps à gagner des courses avec mon Subaru de départ alors que le plateau affichait des machines théoriquement bien plus performantes. Ajoute à ça l’absence de réel caractère entre les modèles, et la progression perd énormément de saveur.

Avec une IA correcte, la gestion de club, les ressources limitées, le choix des upgrades… tout ça aurait pris du sens. Là, on a plutôt l’impression de rouler dans un bac à sable sympa mais sans opposition digne de ce nom.
C’est là que ça fait vraiment mal. Sur une console toute neuve comme la Nintendo Switch 2, qui a déjà prouvé avec d’autres titres qu’elle pouvait tenir des jeux beaucoup plus ambitieux, Gear.Club Unlimited 3 est tout simplement indigne dans son état actuel.
Deux modes sont disponibles :
J’ai fini par rester quasi exclusivement en mode Performance, parce que la conduite à 30 fps mous n’a juste aucun sens pour un jeu de bagnoles. Mais même là, la netteté est catastrophique : aliasing partout, textures baveuses, horizon qui se transforme en bouillie. En docké, c’est déjà dur à encaisser ; en portable, c’est carrément fatigant pour les yeux.
Le motion blur, en particulier, est une plaie. Chaque mouvement de caméra, chaque changement de direction transforme l’image en soupe floue. Et comme il n’y a aucun réglage graphique, tu es coincé avec ce choix imposé. Pour un jeu qui mise sur le plaisir de rouler, c’est un non-sens total.
Et tout ça, c’est sans parler du pire : les freezes complets du jeu. Pas un petit drop de framerate, non, des arrêts nets. Chez moi, sur une dizaine d’heures de jeu, j’ai eu un plantage complet environ toutes les 50-60 minutes. Image figée, plus aucun input reconnu, obligé de revenir au menu de la console pour forcer la fermeture de l’application.
Le plus frustrant, c’est quand ça arrive juste après une course proprement gagnée, avant même que le jeu n’ait le temps d’enregistrer. Tu relances, tu recommences, et la confiance dans le jeu descend en flèche.
Tout mis bout à bout, la sensation est claire : Gear.Club Unlimited 3 est sorti trop tôt. Manque de test, manque de polish, manque d’optimisation. Sur une console fraîche comme la Switch 2, ça ne pardonne pas.
Normalement, avec un jeu dans cet état, j’aurais tendance à dire : “OK, c’est bancal au lancement, mais donnons sa chance à Eden Games, les versions PC/PS5/Xbox arrivent plus tard, ils vont profiter de ce délai pour corriger le tir et améliorer la version Switch 2 au passage”.
Sauf que Nacon, l’éditeur, vient de se déclarer insolvable. Et là, difficile de ne pas s’inquiéter. Dans ce genre de contexte, les priorités deviennent très floues : restructuration, fermeture de studios, focus sur quelques projets… On ne sait tout simplement pas si Gear.Club Unlimited 3 va bénéficier du suivi dont il aurait cruellement besoin.

Peut-être que des patchs débarqueront et corrigeront au moins la stabilité et quelques soucis d’optimisation. Mais pour l’instant, ce n’est qu’un espoir, pas une garantie. Et au moment où j’écris ces lignes, acheter le jeu en misant sur des mises à jour salvatrices me paraît risqué.
Pour être complet : le jeu ne se limite pas à la carrière solo scénarisée. Il y a aussi de la course libre, de la conduite libre sur les routes, et du multijoueur en écran partagé. Sur le principe, c’est parfait pour une console Nintendo : soirée canapé, deux manettes, de la baston en 1v1 sur autoroute dans les bouchons tokyoïtes.
Dans les faits, la base est fun, mais les problèmes techniques ne disparaissent pas parce que tu ajoutes un deuxième joueur. L’image reste floue, le motion blur reste pénible et tu gardes toujours cette impression d’un jeu pas fini. J’ai tout de même passé quelques bons moments à faire découvrir les tracés à un pote, mais on a très vite replongé sur d’autres racers plus stables.
En l’état, je ne peux pas honnêtement recommander Gear.Club Unlimited 3 sur Switch 2 à plein tarif. Même en étant indulgent, même en adorant les jeux de course.
Qui pourrait malgré tout y trouver un intérêt ?
Mais pour quiconque cherche un jeu de course solide, propre techniquement, avec une IA correcte et une progression satisfaisante, il vaut mieux attendre de voir comment la situation évolue, voire se tourner vers d’autres titres, même plus anciens.

Après une bonne dizaine d’heures sur Gear.Club Unlimited 3 sur Nintendo Switch 2, je suis sorti avec un sentiment partagé, mais surtout une grosse frustration. Il y a clairement un jeu d’arcade attachant là-dessous : les tracés japonais et méditerranéens fonctionnent bien, la conduite est plutôt agréable, les duels d’autoroute sont vraiment fun, et la gestion du club donne une petite profondeur bienvenue.
Mais quand l’IA est à ce point ratée et que la technique s’écroule entre flou permanent, résolution aux fraises et freezes réguliers, difficile de passer l’éponge. Surtout au lancement d’une nouvelle console, à un moment où chaque jeu important aide à définir l’image de la machine.
Avec un bon patch de stabilité, une amélioration de la netteté et un léger retouchage de l’IA, j’aurais pu le recommander comme petit arcade sympa pour combler un trou dans la ludothèque de la Switch 2. En l’état, c’est plutôt un avertissement : même avec de bonnes idées, on ne sort pas un jeu de course aussi mal optimisé en 2026 sans que ça pique très fort.
Note finale : 5/10 – Il y a du potentiel, mais tant que la technique et l’IA ne sont pas réparées, c’est un pari beaucoup trop risqué.
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