
Je suis devenu méfiant avec les manettes dites « Pro ». J’ai poncé un Elite Series 2 qui a fini par prendre du drift, j’ai testé des pads à 200€ bourrés de RGB qui claquent au bout de six mois, et je reviens souvent au bon vieux pad officiel Xbox juste parce que, lui au moins, je le connais par cœur.
Du coup, quand j’ai vu ce Gamesir G7 Pro Tri-Mode débarquer sous la barre symbolique des 100€, avec promesse de sticks anti-drift, base de charge incluse, boutons supplémentaires et même gyroscope sur PC, j’ai levé un sourcil. À ce tarif-là, d’habitude tu dois sacrifier quelque chose d’important : la qualité des plastiques, le logiciel, la batterie ou la compatibilité.
Après une bonne quinzaine d’heures réparties entre Xbox Series X, PC et un téléphone Android accroché à un support, je peux dire que le G7 Pro Tri-Mode n’est pas qu’une énième manette chinoise ambitieuse. Il a des vraies forces, quelques concessions très concrètes, et surtout un rapport qualité/prix qui met une pression énorme aux modèles bien plus chers.
Premier contact : la boîte est propre mais sans fioritures. On n’est pas sur le niveau « bijou de luxe » d’un Razer ou d’un SCUF, mais tout est bien calé, rien ne sonne cheap quand on ouvre. À l’intérieur, j’ai trouvé :
La vraie star du déballage, c’est la base de charge. Sur ce segment de prix, la plupart des fabricants te la vendent à part, voire pas du tout. Ici, tu poses la manette et elle se recharge via deux connecteurs à l’arrière, sans rien brancher. Petit détail intelligent : sous la base, un port permet de brancher le dongle USB directement dedans, ce qui évite de squatter un autre port de la console ou du PC.
La base a aussi une petite bande lumineuse RGB qui fait son effet sans transformer ton bureau en boîte de nuit. Ce n’est pas indispensable, mais ça donne ce côté « produit complet » qui manque souvent aux pads moins chers.
Ce qui manque vraiment dans la boîte, par contre, c’est une housse rigide pour transporter le tout, ou des sticks de tailles différentes. À ce prix, je ne suis pas scandalisé, mais comme Gamesir mise clairement sur le segment Pro, l’absence de sticks interchangeables se sent un peu.
Dès que je l’ai attrapé, j’ai eu la sensation de tenir une manette Xbox Series. Forme quasi identique, disposition des sticks, position des gâchettes, boutons View/Menu/Share, la totale. Pour quelqu’un déjà habitué à l’écosystème Xbox, la transition est immédiate.
Le G7 Pro pèse autour de 272 g. On sent qu’il est un poil plus lourd que le pad officiel, mais sans jamais basculer dans le « parpaing » à la Elite Series 2. Après une session de 3 heures sur Halo Infinite et Forza Horizon 5, je n’ai pas ressenti de fatigue particulière.
Les poignées sont recouvertes d’une texture légèrement rugueuse, gravée au laser. C’est discret mais super agréable, surtout quand les mains commencent à chauffer. Le plus sympa, c’est que la face avant et ces poignées sont maintenues par des aimants et totalement démontables en quelques secondes. Pratique pour :
Au niveau des boutons, Gamesir a opté pour des switches mécaniques « tactiles » sur les boutons frontaux (A/B/X/Y). En pratique, ça donne un clic net, très court, avec un son plus discret que sur d’autres pads mécaniques que j’ai testés. Sur des jeux comme Hades ou Dead Cells, où tu matraques littéralement le même bouton pendant des heures, cette réactivité fait vraiment la différence.
À l’arrière, c’est un festival de petits commutateurs :
Les gâchettes avec butées courtes m’ont particulièrement plu sur Call of Duty et Halo Infinite : en mode « clic », la sensation est très proche d’un switch mécanique, et tu gagnes quelques millisecondes sur chaque tir. En revanche, pour un jeu de course ou un titre qui gère finement la pression des gâchettes, je repasse immédiatement en mode long.
La grosse promesse technique, c’est les sticks TMR anti-drift. L’idée est simple : réduire au maximum le risque de dérive dans le temps, améliorer la précision, limiter les zones mortes et consommer un peu moins d’énergie. Ce n’est pas exactement la même techno que les sticks à effet Hall qu’on voit chez certains concurrents, mais l’objectif est le même : oublier le drift.

En pratique, après une dizaine d’heures cumulées sur des FPS, de la conduite et du plateformer 2D, je peux dire deux choses :
Sur Apex Legends sur PC, en augmentant légèrement la sensibilité dans les menus et en réduisant la deadzone via le logiciel Gamesir Nexus, j’ai retrouvé un niveau de contrôle proche de ce que j’ai sur un Elite Series 2. Les petits déplacements de visée sont propres, sans à-coups, et surtout sans cette impression de « flottement » qu’on a parfois sur des manettes plus basiques.
Évidemment, je n’ai pas deux ans devant moi pour vérifier si le drift ne pointera jamais le bout de son nez, mais au toucher, on sent un matériel plus sérieux que sur un pad entrée de gamme.
Côté croix directionnelle, Gamesir fournit trois variantes : celle montée d’origine, plus deux alternatives de style « croix Nintendo », dont une avec base circulaire. J’ai passé une soirée à alterner entre Street Fighter 6 et Dead Cells rien qu’en changeant la croix pour voir.
Résultat : la croix monobloc façon Nintendo, sans base circulaire, est celle qui m’a donné les meilleures diagonales sur les quarts de cercle et les shoryukens. Elle reste assez ferme, ce qui évite les entrées fantômes. Pour les jeux de plateforme ou les roguelite 2D, j’ai préféré la croix avec base circulaire, un peu plus tolérante quand tu bourrines les directions.
Le « Tri-Mode » du nom, c’est pour les trois types de connexion : filaire USB-C, 2,4 GHz avec dongle, et Bluetooth. Sur le papier, c’est le combo parfait pour un joueur multiplateforme. Dans les faits, il y a un petit twist important :
Concrètement, sur ma Series X, impossible de faire reconnaître le pad via le dongle 2,4 GHz : la console s’en fiche complètement. En USB-C en revanche, c’est instantané et parfaitement reconnu comme manette Xbox. On est donc très clairement sur un pad pensé d’abord pour le PC, avec la Xbox en bonus filaire.
Sur PC, j’ai rapidement abandonné le câble pour passer au 2,4 GHz. En visant au jugé sur Doom Eternal et en comparant avec la même scène en filaire, je n’ai pas ressenti de différence perceptible en termes de latence. On est sur quelque chose de franchement propre pour jouer sérieusement.

Sur Android (un Pixel accroché à une pince sur la manette), la connexion Bluetooth s’est faite en quelques secondes. J’ai lancé du Cloud Gaming Xbox et un émulateur 16 bits : aucune déconnexion, une latence correcte pour du cloud, et tous les boutons reconnus. Là encore, ça confirme le côté « couteau suisse » du pad.
Petit bémol à garder en tête : si tu espérais un équivalent d’un pad Xbox Elite totalement sans fil sur console, ce n’est pas le cas ici. Il faut accepter le câble sur Xbox. Sur PC par contre, le combo dongle + base de charge fait vraiment sens.
Le G7 Pro embarque quatre boutons supplémentaires : deux à l’arrière, deux sur la tranche. Ils tombent bien sous les doigts sans être trop faciles à presser. Et grâce aux fameux petits verrous à l’arrière, tu peux carrément les désactiver mécaniquement si tu ne veux pas t’en servir.
Ces boutons se programment à la volée (en maintenant une combinaison de touches) ou via le logiciel Gamesir Nexus sur PC. J’ai préféré passer par le logiciel pour tout régler une bonne fois pour toutes :
La vraie surprise, c’est le gyroscope, uniquement exploitable sur PC via Gamesir Nexus. J’ai testé ça sur Fortnite et Overwatch 2 (avec un mapping clavier/souris adapté) : en combinant stick droit pour les gros mouvements et gyroscope pour affiner la visée, on obtient une précision très agréable, proche de ce que peut proposer un Steam Deck bien réglé.
Ça demande un petit temps d’adaptation, mais pour ceux qui aiment les contrôles gyroscopiques à la sauce Nintendo, c’est un luxe assez rare sur un pad Xbox/PC à ce prix. Dommage que la Xbox ne gère tout simplement pas ce type d’entrée.
Le logiciel Nexus permet aussi de :
Tu peux ensuite enregistrer jusqu’à quatre profils dans la mémoire de la manette, et passer de l’un à l’autre avec le bouton « M » sur la face avant, sans relancer le logiciel. Après quelques réglages les deux premiers jours, je n’ai quasiment plus touché à Nexus.
Le seul truc un peu pénible, c’est que pour profiter de toutes ces fonctions, le passage par le logiciel PC est obligatoire au moins une fois. Si tu ne joues que sur Xbox et que tu ne possèdes pas de PC Windows, tu perds une bonne partie de la magie (gyro, réglages très fins, etc.).
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Sur le papier, la faiblesse du G7 Pro, c’est son autonomie d’environ 10 heures en usage sans fil. On est loin des 30 heures annoncées par certains pads premium comme le Razer Raiju V3 Pro sur PlayStation.
En réalité, ça m’a moins gêné que prévu. La base de charge compense pas mal : en posant systématiquement la manette dessus entre deux sessions, je ne l’ai vidée complètement qu’une seule fois, lors d’un week-end où j’ai enchaîné une longue session PC sans la recharger. Et dans le pire des cas, tu peux toujours jouer en filaire avec le câble tressé fourni.

La charge par les pins arrière est fiable : la manette se cale naturellement sur la base, les contacts sont francs. J’ai eu plus de mal avec certains docks tiers pour manettes Xbox que je devais replacer au millimètre près. Ici, tu poses, ça charge. Point.
Autre petit détail que j’ai beaucoup utilisé : le bouton pour muter le micro directement sur la manette quand j’avais un casque filaire branché, ainsi que le réglage du volume et de l’équilibre jeu/chat via le bouton « M » combiné aux gâchettes. Quand tu jongles entre Discord et le chat vocal Xbox, ça évite quelques allers-retours dans les menus.
La vraie question, c’est : est-ce que ça vaut le coup face aux monstres premium du marché ? Entre un Xbox Elite Series 2, un SCUF ou un Razer haut de gamme, la note grimpe vite entre 180 et 220€.
Dans mon cas, le G7 Pro a progressivement remplacé mon Elite Series 2 sur PC, pour plusieurs raisons très simples :
En face, les modèles très haut de gamme conservent des avantages : meilleure autonomie, plus de possibilités de personnalisation matérielle (sticks de hauteurs variées, modules remplaçables, coques premium, etc.). Si tu es un joueur eSport ultra-pointu ou que tu as déjà un budget illimité pour ton setup, tu trouveras encore plus extrême ailleurs.
Mais dans cette tranche de prix, et même en remontant un peu au-dessus, le G7 Pro Tri-Mode met un coup de pression sérieux à beaucoup de monde. On se rapproche franchement de ce que proposent les manettes à 150-200€, sans faire exploser le portefeuille.
Après quelques jours avec lui, j’ai une vision assez claire de son public idéal :
Si tu ne joues que sur Xbox, exclusivement sur canapé, et que tu veux absolument du sans-fil natif sur la console, le G7 Pro perd une partie de son intérêt. À ce moment-là, un Elite Series 2 en promo ou un pad officiel avec un bon dock resteront plus cohérents.

Après avoir alterné entre le Gamesir G7 Pro Tri-Mode, mon Elite Series 2 et un vieux pad Xbox standard pendant plusieurs soirées, je reviens toujours au même constat : pour moins de 100€ aujourd’hui, je ne vois pas beaucoup de manettes aussi complètes.
Il n’est pas parfait : l’absence de sans-fil sur Xbox et l’autonomie moyenne rappellent bien que ce n’est pas un produit magique tombé du ciel. Mais entre les sticks anti-drift, la base de charge incluse, les nombreuses options de personnalisation (matérielles et logicielles) et ce petit bonus qu’est le gyroscope sur PC, le G7 Pro Tri-Mode se hisse clairement dans la catégorie des manettes « sérieuses ».
Si tu cherches un pad vraiment Pro pour PC, utilisable aussi sur Xbox et Android, sans vouloir cramer deux billets de 100, le G7 Pro Tri-Mode coche presque toutes les cases. Pour moi, c’est un solide 8,5/10, avec un rapport fonctionnalités/prix qui met la pression aux ténors bien plus chers du marché.